Eco-tourisme aux Seychelles

Praslin © T. Joly
Les Seychelles ne se limitent pas à des plages de rêve. L’archipel recèle une faune et une flore riches en espèces rares ou uniques au monde que l’on peut découvrir tout en les protégeant.

[ Pratique ]

Y aller
Vols Air Seychelles et Emirates à partir de 800 €.
Nature Seychelles.
Mission de 6 semaines minimum, logement fourni.
www.natureseychelles.org
Marine Conservation Society Seychelles
Mission de 4 semaines minimum, 400 € / mois incluant hébergement et nourriture.
www.mcss.sc
Avec ses plages de sable blanc jalonnées de rochers joliment sculptés par l’érosion que baignent des eaux turquoises et des fonds marins où s’ébattent poissons aux couleurs chatoyantes et requins baleines, l’archipel des Seychelles est le cliché parfait du paradis tropical recherché par les amateurs de plaisirs balnéaires et les jeunes mariés. Cependant, le pays a également des facettes moins connues tout aussi attractives.


Ile de Cousin © T. Joly
 Milliers d’oiseaux
Dominée par un massif montagneux couvert d’une végétation luxuriante qui atteint 900 m d’altitude, l’île de Mahé a de quoi séduire les randonneurs tandis que parcs nationaux et réserves abritent une faune et une flore remarquables offrant aux amoureux de la nature de multiples occasions de s’émerveiller. Tortues marines venant pondre en plein jour et non la nuit comme ailleurs, palmiers coco-de-mer connus pour leurs noix de coco de 25 kg aux formes callipyges qui ont fait fantasmer des générations de navigateurs, tortues terrestres géantes atteignant 200 kg, îles peuplées de milliers d’oiseaux donnant la sensation de plonger au cœur du film d’Hitchcok...
Un véritable jardin d’Eden que des ONG œuvrant pour sa préservation proposent de découvrir pour une somme modique en les rejoignant comme éco-volontaire. Pas besoin de formation spécifique, motivation et enthousiasme suffisent.



© T. Joly
 Patrouiller sur les plages
Il est ainsi possible de résider et travailler sur l’île de Cousin, réserve gérée par Nature Seychelles où vivent des tortues terrestres géantes et des dizaines de milliers d’oiseaux sédentaires ou migrateurs.
Les tâches y sont variées. Baguer les oiseaux, suivre l’évolution des nidifications, patrouiller le long des plages pour repérer les tortues qui viennent pondre sur l’île entre octobre et avril, les baguer si elles ne le sont pas déjà, répertorier les lieux de ponte par leurs coordonnées GPS,... « Sans interférer avec la nature" tient à préciser Cheryl Sanders, la scientifique de l’ONG. En vertu de ce principe, les volontaires laissent les innombrables lézards faire un festin des œufs d’oiseaux et n’aident pas les bébés tortues à gagner la mer après leur naissance. « Nous vérifions seulement qu’aucune ne reste ensevelie sous le sable », explique Emma Jones, jeune anglaise qui, le matin, joue aussi au guide pour les touristes visitant l’île.



© T. Joly
 Protéger les tortues
Sur Mahé, l’île la plus grande et la plus peuplée du pays, l’ONG Marine Conservation Society Seychelles s’est fait un nom dans la surveillance et le suivi des requins baleines. Mais depuis 3 ans ils se font rares dans les eaux seychelloises et le programme a été mis en sommeil. «Nous le relancerons dès qu’ils seront de retour» affirme David Howat, son fondateur. Pour l’heure son activité se concentre donc sur la protection et le recensement des tortues marines sur 14 plages du Sud de l’île. Comme elles ne font pas partie de réserves, les volontaires veillent à ce que les touristes ne dérangent ni la ponte, ni l’éclosion. Par leur présence ils découragent en outre les braconniers qui les traquent pour leur carapace et leur chair, un met apprécié de certains Seychellois.


© T. Joly
 Régénération du corail
Logés dans des dépendances de l’hôtel Banyan Tree, l’un des mécènes de l’ONG, ils étudient aussi deux rares espèces de tortues d’eau douce présentes dans une zone humide située dans l’enceinte du complexe. «Nous y avons un centre où les tortues sont examinées aux rayons X et si nécessaire soignées », explique Mary Rolfes, volontaire américaine. L’ONG est également active sur l’île de Cerf, dans le Parc Marin de Sainte-Anne, où elle s’occupe de la protection du milieu marin. Là encore en partenariat avec des hôteliers. Les volontaires nettoient les plages, alertent contre la pêche illégale, régénèrent les coraux, réalisent des parcours de snorkelling et de kayak balisés ainsi que des points d’amarrage afin de réduire les dommages au récif.

12 Juillet 2017
Thierry Joly